Rabbit Labs – Shit happens, be prepared

Rabbit Labs est spécialisée dans la sécurité de la télévision numérique et plus spécialement dans la norme DVB-CI+.
Rabbit Labs propose donc une gamme d’outils et de blocs de propriété intellectuelle facilitant l’intégration de cette norme par les fabricants de télévision

Gilles GAUTIER Photo
Gilles Gautier President Rabbit Labs

Interview de Gilles GAUTIER, Président de Rabbit Labs

Comité Editorial : Dans quel contexte s’inscrit votre innovation ?

Gilles GAUTIER: Tout simplement dans le contexte de la télévision de grand papa, celle diffusé par l’antenne. Nous travaillons avec les fabricants de télévision pour les aider à intégrer l’interface dedésembrouillage commune DVB-CI+ définie par les instances européennes. Quand on dit innovation dans la télévision, on pense plutôt cloud, IPTV, OTT, VOD … mais il ne faut pas oublier que le mode principal d’usage de la télévision est toujours de se poser devant et de regarder ce qui arrive. Je dirais que notre travail est de faire que quand un utilisateur change de chaîne, il arrive bien là où il veut. Du temps de la télévision analogique tout était relativement simple et la plupart des problèmes étaient résolus par de la maintenance percussive. Aujourd’hui avec les modes numériques et le cryptage, juste changer de chaîne est devenu un vrai challenge et c’est là que nous venons apporter de la valeur aux industriels avec des solutions de tests extensives et d’analyse.

CE : Comment avez-vous élaboré votre projet ?

GG: Je suis tombé dedans quand j’étais petit ! Jeune ingénieur je me suis retrouvé dans une startup de La Ciotat, SmarDTV, spécialisée dans la toute jeune norme DVB-CI. Étant parti à point comme la tortue je suis devenu l’un des experts de ce domaine. J’ai fait un passage par les États-Unis où j’ai conçu l’outil de test de la FCC pour la norme OpenCable (un dérivé de DVB-CI) et quand l’occasion s’est présentée je me suis lancé sur le marché européen pour apporter la bonne parole. J’ai conçu notre première sonde de test, le CAM Inspector, sur un coin de table en 2009 et le succès a été immédiat. Canal plus a sélectionné le CAM Inspector pour son label Canal Ready et tous les fabricants de télévision nous ont approché pour obtenir cet outil. A ce jour, nous avons conçu la seule solution d’analyse de protocole pour le DVB-CI+ et nous fournissons 100% du marché des fabricants à travers le monde entier.

CAM Inspector V2
CAM Inspector v2

CE : Quels sont vos actions et déploiements actuels?

GG: Nous venons de présenter notre nouvelle génération d’outil espion, le CAM Inspector 2. Même si nous avons pu obtenir une bonne reconnaissance du marché avec notre CAM Inspector, celui-ci avait clairement un aspect “bidouilleur”. Avec notre CAM Inspector 2, nous nous affirmons comme un partenaire sérieux auprès des constructeurs avec des solutions réfléchies non seulement au niveau performance et fonctionnalités, mais aussi au niveau utilisabilité, durabilité et aspect.
D’un autre coté nous présentons notre solution intégrée de test de TV sur réseau payants ThumperSuite. Avec Thumper Suite nous allons permettre de passer du stade du test artisanal à un vrai stade industriel avec de la traçabilité et une reproductibilité difficile à atteindre aujourd’hui avec les outils existants sur le marché. Concevoir un tel outil demande une action très en amont dans l’écosystème. Aujourd’hui nous participons donc à divers comités de normalisation sur la télévision. Cela nous permet d’intégrer les évolutions du marché et les futurs besoins de nos clients pour pouvoir fournir une solution de test qui apparaît très tôt dans le processus de développement et non comme un ajout à la fin du projet, au moment où toute modification devient difficile.

CE : Pourquoi avez-vous adhéré au Pôle SCS ?

GG: Le Pôle SCS est situé tout à fait dans la thématique de notre activité. Nous devons jongler avec différents protocoles de sécurité et dans ce domaine il vaut mieux être plusieurs pour vérifier. J’avais déjà eu l’occasion de travailler avec des entreprises du pôle qui ont des activités complémentaires aux nôtres.
De plus aujourd’hui, il est difficile d’adresser un marché global en étant une petite entreprise. Le monde des affaires n’est pas tendre avec les cavaliers solitaires. Il faut bien des compétences différentes pour fabriquer un produit et encore bien plus pour pouvoir le commercialiser et le faire vivre sur le marché. Je suis bien conscient que notre position privilégiée sur le marché est en grande partie due à un concours heureux de circonstances, mais on ne peut pas faire durer une société sur le long terme en ne comptant que sur la chance. Il faut savoir mettre les bons atouts dans sa manche, et j’espère trouver certains de ces atouts parmi les adhérents du pôle.
Enfin, nous devons apprendre à parler aux investisseurs pour nous donner les moyens d’évoluer sur nos marchés. Lorsque j’ai approché les premiers investisseurs il y a 18 mois, j’ai rapidement compris que nous étions leur pire cauchemar: une entreprise à la pointe dans un domaine obscur dont ils ne connaissent rien. Devoir passer une dizaine de minutes à expliquer quel est le domaine dans lequel nous travaillons est sérieusement handicapant lors d’un pitch. La relation privilégiée du pôle avec les investisseurs locaux est aussi une occasion pour nous d’arriver à passer cette barrière initiale.

ThumperBox
ThumperBox

CE : Le Pôle SCS vous a-t-il apporté ce que vous recherchiez ?

GG: C’est encore un peu tôt pour le dire, j’ai encore vérifié ce matin personne ne me demande d’autographe dans la rue donc pour la gloire et la célébrité il doit falloir encore un peu de temps pour que cela fasse effet. Nous sommes passé par le programme BusDev, ce qui nous a permis de comprendre comment mieux se présenter et apprivoiser nos amis les financiers. Rétrospectivement, cette intervention a été salutaire en nous permettant de mieux analyser ce que nous faisions, de se positionner sur les secteurs qui étaient pertinents et d’abandonner les projets sur lesquels nous n’avions pas de vraie valeur ou d’exclusivité.

CE : Qu’attendez-vous du Pôle demain ?

GG: Notre plus gros souci à ce jour est que la France est un pays administrativement hostile pour les entreprises. Il existe bien des aides pour les PME, mais elles exigent le sacrifice de l’équivalent d’un demi hectare de forêt sur l’autel du Dieu Administration ce qui est totalement hors de notre portée. Nous avons structuré notre entreprise pour fournir à nos clients les produits dont ils avaient besoin (ça fait très siècle dernier comme concept, mais ça la mérite d’être basique), pas pour fournir un flux illimité de formulaires aux diverses agences d’Etat. J’attendrais du Pôle qu’il puisse capitaliser sur la connaissance de notre entreprise pour intercéder en notre faveur auprès d’autres organismes (BPI France, fonds européens) sans que nous ayons besoin de remplir un énième dossier contenant la redite des mêmes informations dans un format légèrement différent.

 

** This article was first published in October 2014 on the Pole SCS website.

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